Tentative de démocratie participative à Oloron pour l'écologie

Publié le par Marc Pleysier

En mars, la rencontre Gédéol avait pour thème :
"Après les élections, quelle place pour l'écologie dans la politique locale ?"

Voici un petit résumé de ce qui c'est passé depuis à ce sujet.

Lors de cette rencontre, un petit groupe (plus large que Gédéol) c'est formé pour solliciter la nouvelle équipe municipale.
L'idée était de concrétiser le lien qui s'était créé entre les candidats et les citoyens pendant la campagne Uthurry. Cette ouverture vers plus de démocratie participative était d'ailleurs écrite dans le programme de campagne.

Une lettre a été rédigée et envoyée à la mairie.
En fait un 1er groupe a rédigé une lettre qui a fait l'objet de critiques. Une ou 2 réunions ont été nécessaires pour produire la lettre que vous avez en fin de cet article.
Cette lettre a finalement était envoyée au conseil municipal le 28 avril et demandait un RDV pour discuter de la mise en place d'un cadre officiel pour que les non-élus puissent avoir connaissance des dossiers, donner leur avis, faire des propositions.
Plusieurs pistes étaient déjà données dans la lettre, par exemple relance du Conseil Consultatif Oloronais (CCO) et ouverture de l'Agenda 21 aux citoyens (voir la lettre).
Cette lettre avait 5 signataires.
 

REUNION DU 20 JUIN
Nous avons obtenu un RDV avec B Uthurry (maire, président CCPO) et JP Domecq (adjoint à l'environnement, 3ème vice président CCPO, conseillé général).

Uthurry a été empêché et nous avons vu seulement Domecq le 20 juin à la mairie.
Il n'avait pas lu la lettre et pensait que nous venions discuter de points précis liés à l'environnement et faire des propositions concrètes.
 
Après une heure et demie de dialogue de sourds, il a enfin entendu notre demande : un cadre formel pour organiser la participation des citoyens.
Lui voulait discuter de points précis et attendait des propositions voire des actions concrètes de notre part.
Le sujet de la démocratie participative ne semble pas l'intéresser énormément. Il n'y crois pas, les outils qui peuvent être mis en place sont d'après lui des usines à gaz qui tombent systématiquement dans la récupération politique au profit des élus. JPD nous propose de le contacter directement et individuellement pour tel ou tel point. Il nous demande aussi de "mobiliser" sur les points qui nous semblent importants (c'est à dire rassembler du monde).
Robert Bareille (conseiller municipal), ayant entendu une discution animée, dans la salle de réunion de la mairie, et venu voir ce qu'il se passé et nous l'avons invité à se joindre à nous. Il est manifestement plus intéressé que JPD par la démocratie participative mais est extrêmement prudent et préfère botter en touche (vous avez eu RDV avec Domecq, continuez avec Domecq).

Mon avis, rédigé à chaud après cette 1ère réunion :
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Domecq est peut-être l'élu local le plus sensibilisé à l'urgence écologique mais il n'est de toutes évidence pas le bon interlocuteur pour la démarche que nous avons entreprise.
Tout ce qu'il nous propose est l'inverse de notre objectif : mobilisez-vous tous seuls, entreprenez des démarches individuelles. Ne vous occupez pas de l'Agenda 21 ("vous y croyez encore à ce truc là ?"). Ne vous occupez pas du CCO. Les conseils de quartier ? Bof, ça marchera pas mais on va le faire quand même histoire de faire quelque chose.
Bouquet final : après 2 H à essayer de lui faire rentrer dans la tête que nous voulons initier quelque chose avec LA MUNICIPALITE, il nous propose un rdv CHEZ LUI, donc probablement avec aucun autre élu.
Ce gars-là me semble être le joueur perso par excellence. L'homme politique de la société de l'individu roi.
Donc à mon avis, rien à attendre de lui dans le domaine de la démocratie participative. Sur le plan écologique oui, mais ceci est un 2ème temps.
Robert Bareille me semble beaucoup plus intéressant et intéressé par la démocratie participative. Mais il sais que le sujet est ultra délicat et il a botté en touche.
Quand à Uthurry, on sent que le sujet lui tient à coeur ! Car si une seule personne a lu notre lettre (ce qui semble être le cas), c'est lui. Et nous envoyer Domecq était le meilleur moyen d'enliser l'histoire. Ou alors lui non plus n'a rien compris à notre lettre.
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Depuis, je suis allé montrer notre lettre à Fabien REICHERT (un des plus jeunes conseillers municipaux). Il avait vu la lettre et n'a pas été étonné de la manière dont c'est passé cette 1ère réunion. Il m'a promis d'en parler aux autres conseillers. Pas de nouvelles depuis.

AGENDA 21
En parallèle, avec Marie-pierre, nous avons essayé d'avoir des info sur l'agenda 21 porté par la communauté de commune (CCPO).
http://www.piemont-oloronais.fr/actualites/agenda21.php
Cette démarche "développement durable" a été initiée il y a 2 ans environ et promettait une participation des habitants (forum). Je m'y suis inscrit il y a plus d'un an, j'ai relancé début 2008 et très récemment. Manifestement c'est complètement fermé. Un cabinet extérieur à fait un audit, un plan d'action à été préparé et va être validé le 4 juillet mais impossible d'en savoir plus. Nous avons contacté Mme Pascale Palacin (salariée en charge de l'agenda 21 à la CCPO), M Minjuzan (maire d'Asasp et chargé de l'agenda 21 à la CCPO), JP Domecq (membre du bureau de la CCPO), M Frankenreck (directeur général des services à la mairie d'Oloron et contact agenda 21 pour Oloron), l'association BIE (seule association réellement sollicitée pour l'agenda 21).

REUNION DU 27 JUIN
Hier soir, nous (4 personnes) avons finalement vu JP Domecq chez lui.
La discussion a été intéressante mais plus centrée sur la méthode souhaitée par JPD (traiter des problèmes sans cadre formel) que sur la notre (créer un cadre formel pour inviter les citoyens à participer).
Pendant cette entrevue, nous avons parlé de beaucoup de choses et notamment de la suppression de l'utilisation du glyphosate (RoundUp) par la municipalité (c'est JPD qui a ammené ce sujet). Là aussi des désaccords méthodologiques entre lui et nous :
Position JPD à ce sujet : Proposez des solutions alternatives avant tout. Sinon, on part sur des études qui coutent cher et qui durent 3 ans. Il n'est pas possible pour un élu de solliciter directement les employés des services techniques pour trouver les solutions de remplacement, c'est pas leur boulot et de toutes façons ils ne vont pas vouloir s'occuper de ça.
Notre position : les solutions alternatives existent déjà et plusieurs communes les mettent déjà en oeuvre. Les services techniques sont compétents pour choisir parmi ces alternatives et certains employés attendent une volonté politique (nous avons discuté avec certains employés à l'occasion de la Fête des jardins aux serres municipales). S'ils ne sont pas associés au choix et à la mise en oeuvre des solutions, elles seront mal acceptées. Si la mairie affirme sa volonté de supprimer le glyphosate, on peut ensuite se mettre autour d'une table pour trouver des solutions ENSEMBLE.

Voici 2 autres points que j'ai relevé parmi d'autres :
Au sujet du développement routier, JPD n'a pas pris la mesure de la crise énergétique et nous a dis : "Je lutte CONTRE la relocalisation en construisant des routes". Car la concentration géographique des activités serait selon lui une tendance naturelle et à combattre. Il reconnait que le baril ne repassera pas en dessous des 100$ mais n'en tire pas une raison de remettre en cause le développement routier.
Au sujet du foncier, notamment agricole : Il s'intéresse à la mise à disposition de terres municipales pour du maraichage mais nous dis que la mairie ne possède presque rien de cultivable et que l'hectare agricole autour d'Oloron se vend dans certain cas 500 000 € car la constructibilité de ses terres n'est pas blocable dans la pratique. Donc impossible à la mairie d'aquérir des terres pour cela actuellement (le budjet environnement de la mairie est nul tellement la situation financière d'Oloron est serrée).


Lors de la 1ère réunion, nous avons vu que sur un sujet aussi global que la démocratie participative, c'était assez mal barré.
Lors de cette 2ème réunion, nous avons vu que même en acceptant de discuter de points particuliers d'individu à individu, on ne va pas beaucoup plus loin tant le fossé est grand entre l'administratif politique et nous.

Voila ou nous en somme pour le moment.

La piste proposée maintenant est de s'inviter à l'agenda 21 pour :
- signifier que nous n'acceptons pas que ce qui a été annoncé comme démocratique se fasse finalement en catimini.
- donner notre avis sur les points traités, car il est fort probable que cela relèvera de la bouffonnerie écologique.



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LETTRE ENVOYEE A LA MAIRIE :

Isabelle Guyot,

Jésus Alfos,

Marc Pleysier,

Marie-pierre Langla,

Serge Auré,


A l’attention de

Monsieur le Maire d’Oloron

et le Conseil municipal,

Monsieur le Président de la CCPO


 

Objet : demande de rendez-vous

 

Oloron le 28/04/2008


 

Messieurs,

Les questions environnementales et sociales préoccupent une part importante des citoyens et sont le véritable défi du XXIème siècle.

Suite aux débats de la campagne municipale ;

suite aux idées avancées dans le programme de la liste « Restons vrais » (« La commune (…) c’est aussi un lieu de proximité où doit s’exercer une véritable participation démocratique pour mieux imaginer des projets ambitieux ») ;

suite à la rencontre Gédéol sur le thème « Après les élections, quelle place pour l’écologie dans la politique locale » ;

ainsi que suite à plusieurs réunions et échanges informels ;

Nous sollicitons un entretien pour que ce partenariat entre les citoyens et les élus se concrétise.

Nous pourrions par exemple aborder les pistes suivantes :

  • relance et réforme du Conseil Consultatif Oloronais, voire son élargissement à la communauté de communes ;

  • relance de l’agenda 21 ;

  • réflexion sur un projet de territoire incluant véritablement la question environnementale ;

 

Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Messieurs, nos sincères salutations.

Publié dans Action

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