Atelier vélo couché à Oloron

Publié le par François Manière

Un vélo couché, pourquoi?

-Pour le confort (on explique ici tous les désagréments physiques engendrés par le vélo droit)

-pour le plaisir de transformer un vélo droit en tout autre chose

-parce qu'on est jamais mieux qu'allongé, non?

-pour l'aérodynamique

-parce que, et je ne saurai vous expliquer pourquoi, on n'a jamais le nez qui coule en vélo couché!

-parce que les mouches et autres insectes volants s'écrasent sur le plateau ou les pédales avant d'entrer dans votre bouche.

-parce qu'on veut pouvoir faire 50 km tous les jours sans avoir ensuite les fesses en marmelade.

-parce que le vélo est bien plus qu'un sport, un moyen de transport, et qu'il est important de s'y sentir bien.


Un atelier vélo couché à Oloron, ça consiste en quoi? À réunir 6 volontaires de tous âges (18 à 74 ans en ce qui nous concerne!), de tous sexes et de toutes conditions, soudés dans un seul et même but: se construire de leurs petites menottes leur propre vélo couché, sous la supervision d'un grand gourou, as de la récup et du tirage d'affaire même dans les cas les plus désespérés, qui saura regonfler les pneus, et surtout le moral des troupes en cas d'incident imprévu (perceuse rétive, lame de scie explosive, disqueuse impulsive).




 

 



 

Pour te permettre à toi aussi, ami lecteur, de te fabriquer ce véritable bijou high tech, bourré des nanoparticules les plus récentes, voici un petit reportage photo qui t'indiquera les grandes étapes...

Il faut d'abord 2 vélos (en acier, ne commence pas à couper ton VTT en carbone!), l'un modèle « cadre bas », donc version femme, ceci afin de pouvoir installer l'assise le plus bas possible. Ceci est très important. Pour l'autre c'est moins important puisqu'on ne va garder qu'une partie du cadre: un tube et le pédalier.

On démonte complètement le cadre femme (câbles, guidon et potence, gardes boue etc...), et surtout le pédalier, qu'on doit désolidariser entièrement du cadre.

À la disqueuse, on décape légèrement la peinture sur toutes les parties qui vont devoir être soudées (attention, le tube vélo, c'est très fin).Pour bien démarrer…

Pour le 2è vélo, on coupe le cadre afin de ne garder que le pédalier avec le tube le plus long (celui qui va vers le guidon) et environ 15 cm du tube qui part vers la selle (qui servira à fixer le dérailleur du plateau) voir photo. Ce tube va être fixé sur le tube de direction par soudure. Pour bien le mettre en place, on peut y couper des petites « ailes », qu'on va riveter, comme ça on est sur qu'il ne bougera pas lors de la soudure. Attention aussi à la hauteur: il faut vérifier que la partie supérieure de la chaine (le brin tendu), en alignant à l'oeil les pignons arrière avec le plateau, passe quelques cm au dessus de la fourche et ne touche aucun autre élement du vélo. Si ce n'est pas le cas il faudra faire une entaille dans la fourche et la renforcer de l'autre coté pour que la chaine ait la place, et autant éviter ça si possible...

Il faut aussi souder des renforts entre le tube porte-pédalier et le tube de direction. On peut pour ça utiliser les petits tubes qui restent sur le cadre scié.

Ensuite, l'assise, une des parties les plus délicates, puisqu'on a décidé d'utiliser du contreplaqué marine (en 4 mm), qu'on a plié et formé en versant dessus de l'eau bouillante. Puis on fixe l'assise sur 2 morceaux de contreplaqué épais (14 mm) qui ont la même forme, et qui vont permettre de la fixer sur le cadre et de la solidifier. Partie délicate donc, puisqu'il faut être très précis dans ses découpes, le parallélisme, et la confection du gabarit... Mais les photos vous parleront sans doute mieux que mes explications...

Fixation de l'assise: pour indication, on a fixé la partie inférieure de l'assise à environ 70 cm du sol. Il est évident que pour des questions d'équilibre et de confort celle ci doit être la plus basse possible. On perce d'abord 2 trous de 10 mm dans le cadre et la tige de selle, dans lesquels on place 2 tubes du même diamètre, lesquels tubes seront soudés. L'épaisseur des tube est de 1mm, le trou est donc adapté à des boulon de 8mm. On doit ensuite utiliser 2 « pattes » en métal (pour rester dans la récup, on a utilisé des tronçons de tube de cadre qu'on a tapés au marteau jusqu'à ce qu'ils soient tout plats, puis pliés 2 fois à angle droit afin qu'ils s'insèrent parfaitement entre les 2 supports de l'assise), qui vont être solidarisées au cadre par une tige filetée qui passe dans les tubes (heuu, vous suivez encore?). On rivète ensuite l'assise aux 2 « pattes » (il ne faut pas que ça bouge!).

Dernière grosse partie: la direction. 2 options, au choix de chacun:

le plus « compliqué » à mettre en place, mais le plus esthétique et confortable ensuite, c'est le guidon en position inférieure (sous l'assise). Il est solidarisé au cadre par une tige filetée (perçage impressionnant!), et à la fourche de direction par une biellette (ici encore, on a utilisé un petit tube de cadre). Ici encore, la position doit être très précisément évaluée, afin que les bras ne soient pas trop tendus quand les mains tiendront les poignées!

2è possibilité: le guidon en position supérieure, plus « classique » donc. Avantage: plus simple (pas de gros perçage, utilisation du tube de direction). Inconvénient: encombrera plus la vision quand on roulera, peut être aussi plus fatiguant pour les bras? Bref, pour ça il faut laisser le guidon sur sa potence, dont on ne garde que le bas et le haut, lesquels sont fixés sur un tube plus long (le but étant d'allonger la hauteur du guidon afin que les genoux ne viennent pas y taper).

Voilà pour le plus gros! Ensuite on doit remonter la chaine (il faut environ 2,5 chaines de vélo classique par vélo), mettre un renvoi pour la partie inférieure (en téflon pour nous car on disposait de téflon, mais on peut utiliser une poulie crantée, qui diminuera sans doute les frottements), remonter les freins, les câbles de vitesse, et... couvrir l'assise (mousse + tissus étanche).

Voilà, bon courage si vous voulez vous y mettre, et bonne route ensuite!
Emilie est partie dés le lendemain sur les routes du Massif cental avec son vélo auto construit, ça va faire 2 mois maintenant. à priori tout va bien pour elle... Salut Emilie, salut Bruno, bientôt un petit reportage sur votre périple?






Publié dans Action

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