Conference DECREIXIMIENT à Barcelone, mars 2010

Publié le par Marc Pleysier

Du 26 au 30 mars c'est tenue à Barcelone, Espagne, la 2ème conférence internationale sur la décroissance, organisée par Degroth & Research (entre autres François Schneider), soutenu par diverses associations Barcelonaises et les universités autonome et institutionnelle. En tout, une 60aine de militants Barcelonais se sont mis en 4 pendants plusieurs semaines pour que cet évènement ait lieu. Chapeau, ils ont fait très fort

 

2010-03-Barcelona-Bretanio--46-.jpg

 

Plus de 300 personnes en provenance de plus de 40 pays on fait le deplacement, certains de très loin (USA, Inde). Bichon et moi d'Oloron, en vélo s'il vous plaît. Vous trouverez des photos du voyage et de la conférence ici, avec des commentaires en Esperanto, vous allez comprendre pourquoi un peu plus loin ;-)

 

Assez différente de ce que nous connaissons avec les camps climats, les rencontres des amis de Silence ou ce que nous avons organisé localement autour d'Oloron, cette rencontre est très universitaire et les chercheurs en tout domaines étaient plus nombreux que les militants objecteurs de croissance. L'inscription était payante (75€ pour les membres d'ONG, 150€ pour les indés, 200€ pour l'inscription sur place).

Après débats internes, les organisateurs ont choisi l'anglais comme  langue officielle de la rencontre. Les anglophones étaient effectivement majoritaires, (natifs qui parlent super vite, universitaires qui l'utilisent au quotidien, étudiants). Pourtant quelques autres personnes dont nous ramaient... par exemple ce couple de chercheurs Roumains qui ne parlait pas anglais (sous Ceauşescu c'est le Français qui était enseigné à l'école, maintenant c'est l'anglais).

Pour nous cela a été laborieux et même excluant. Nous avons péniblement compris 10 à 20% des exposés et des débats. Vous imaginez pour présenter et défendre nos idées... L'accoustique de la salle était mauvaise, les orateurs parlaient comme si tout le public parlait courament anglais et la traduc simultannée (seulement pendant les pleinières) était à la rue le 1er jour et correcte le dernier.

Comme dit Bichon, ce sentiment d'exclusion a été une expérience difficile mais intéresssante, car si nous la dénonçons souvent nous ne la connaissions que de manière théorique.


Pendant cette rencontre, il y a eu :

- Des conférences de présentation de la décroissance sous divers angles. La réflexion en France à quelque années d'avance sur le sujet et il me semble que ce qui nous semblait plus ou moins évident l'était moins pour beaucoup de participants.

- Des présentations de leurs travaux par des chercheurs ou militants associatifs.

- Des ateliers de travail sur différents sujets. Le samedi, Bichon a  participé au groupe "Droits de propriété" et moi au groupe "Habitat partagés", le dimanche nous avons tous les 2 participé au groupe "Sécu et retraite" (Eh oui on prend de l'age).

- De nombreux moments d'échanges informels qui ont été de loin les plus intéressant pour nous.

Le programme complet doit être toujours visible sur Degroth & Research.

 

Cette rencontre était très "institutionnelle", plus "dans le système" qu'à  coté de celui-ci et certaines solutions radicalement à gauche, comme par exemple le revenu inconditionel d'existence couplé au revenu maximum, avait un écho positif mais modéré.

Nous avons ressenti, présenti, entrevu...une richesse d'expériences et de témoignages, en particulier de la part  des pays plus éloignés de notre quotidien (Mexique par exemple) et nous regrettons de n'avoir pas pu recueillir et échanger sur ces expériences à cause de la barrière des langues.

La vraie richesse de cette rencontre s'est trouvée dans toutes les rencontres informelles dans les temps de pause, de repas (Bichon c'est exercée à boire au poron, carafe catalane à goulot éfilée) etc...

 

En plus de présenter les vélos ALIAciklo, notre contribution à cette rencontre, plus ou moins prévue à l'avance, a été de questioner les participants sur l'usage de l'anglais pour des échanges internationaux sur la décroissance. Car un des objectifs de cette rencontre est d'initier et stimuler des échanges internationaux, de "créer" un réseau internartional de la décroissance.

Nous avons rédigé et distribué un tract en 5 langues (Français, Anglais, Espagnol, Catalan et Espéranto) puis organisé un mini débat OFF sur la question.

 

Voici le contenu du tract :

Nous nous rencontrons ici car nous voulons construire un autre monde, juste et écologique.
Nous savons que ce monde doit être construit internationalement, avec nos différences culturelles et par le débat politique.
Combien d'humains parlent suffisamment bien l'anglais pour réellement débattre avec une personne dont l'anglais est la langue maternelle ?
Les anglophones sont-ils bien représentatifs de l'humanité ?
La langue du capitalisme sera-t-elle celle de la construction de cet autre monde ?
Existe-t-il une autre langue, égalitaire et trés facile à apprendre, qui convienne mieux à notre objectif ?

Barcelona-2010---Esperanto-compress.jpg

Notre débat, casé le dernier jour n'a pas rassemblé beaucoup de monde mais les discutions informelles sur le sujet ont été nombreuses et intéressantes. Grosso modo, ce public est accquis à l'anglais et a peu réfléchi aux implications du choix de cette langue mais il est aussi ouvert et a écouté et en général accepté nos arguments, que voici résumés :

 

Si l'objectif est de créer maintenant un réseau de chercheurs ou un réseau d'échange d'informations et d'expériences, alors l'anglais peut être concidéré comme la moins mauvaise des solutions. Mauvaise quand même car l'exclusion de ceux qui ne maitrisent pas sufisement la langue est une perte importante.

Si l'objectif est de créer à plus long terme un réseau mondial des objecteurs de croissance, de débattre démocratiquement de ces idées et enfin de les voir mises en pratique alors l'anglais est une impasse pour au moins 2 raisons :

- C'est une langue difficile à apprendre (comme la plupart des langues naturelles) et cela restreint l'accès à ce réseau, et plus encore à son controle, aux anglophones, c.a.d. des occidentaux ou des "intélectuels". L'apprentissage de l'anglais par les non-anglophones est donc un report  sur les plus défavorisés du travail de rapprochement.

- C'est une langue inégalitaire (comme TOUTES les langues naturelles) puisque celui qui la maitrise depuis l'enfance mobilise sont énergie pour élaborer, présenter et défendre ses idées, alors que celui qui a du apprendre la langue de l'autre mobilise son énergie simplifier et traduire ses idées. Le débat est inégal, non démocratique.


Il y a 2 alternatives : le multi-linguisme et le choix d'une langue n'ayant pas les défauts ci-dessus.

Le multi-linguisme est aussi intéressant que couteux. Il me semble démocratique mais vulnérable à la prédominance actuelle de certaines langues, en 1er lieu l'anglais. Au final, il permet de débat "de proche en proche" et non un débat "global" car personne ne parle toutes les langues, ce dernier point étant juste une remarque et non une critique.

EO.jpgLa langue outil (plus que centrale) pourait être l'Esperanto, langue non naturelle actuellement la plus opérationnelle de part le monde. Malgrès tout, cette langue à partiellement le défaut d'inéquité : il n'y a pas de natifs de l'esperanto mais l'accès à son apprentissage necessite quand même une certaine disponibilité et certains moyens hors de portée d'une large par de la population mondiale. L'Esperanto est donc lui aussi inégalitaire mais beaucoup moins que les langues naturelles. L'Esperanto est donc une solution plus lente et plus démocratique que l'anglais, donc meilleure dans le cadre des idées de la décroissance.


Nous reconnaissons que l'anglais ou l'espagnol étaient les seules solutions applicables pour cette rencontre internationale. Mais il y a une différence fondamentale entre dire "Nous utilisons l'anglais, cela ne pose pas de problème et nous continuerons de même" et dire "Nous utilisons l'anglais mais nous regretons l'exclusion qu'il génère, nous vous invitons à penser à d'autre alternative comme l'Esperanto et nous esperons que ces alternatives vivrons un jour".


Conclusion :

Le mouvement de la décroissance se développe de manière multiple et dans tous les pays du monde, ça fait du bien de le constater.

Publié dans Information

Commenter cet article

jean luc Danneyrolles 04/04/2010 09:36


salut mr plessier
user de la langue anglaise pour parler de décroissance peut être perçu comme l'usage de l'arme de l'adversaire (ce que nous enseigne les arts martiaux je crois).C'est juste un argument pour le
débat.a bientôt sur la terre.JLD