Billets d'humeur

Vendredi 6 juin 2008

Nos marins, routiers, taxis, agriculteurs sont en colère: du fait de la hausse du prix du gasole leur profession est menacée. Du coup ils bloquent les raffineries, mettent en place des « opérations escargot », menacent le gouvernement de durcir leurs actions si celui ci ne diminue pas pour eux les taxes sur le carburant.

Un gouvernement censé oeuvrer pour le bien de tous et non les intérêts de quelques uns devrait pourtant leur dire la vérité: le pétrole pas cher, c'est fini...

Un pouvoir politique digne de ce nom devrait saisir cette opportunité pour remettre les choses en place: la hausse du carburant n'est pas due à une crise conjoncturelle mais bien à des causes structurelles: on s'approche d'une pénurie des énergies fossiles et il va falloir sèrieusement réfléchir à trouver de nouvelles pistes pour mieux gérer nos dépenses d'énergies.

N'est il pas absurde de vouloir continuer à consommer des ressources qui seront à l'avenir de plus en plus rares? N'est il pas totalement illusoire d'exiger une baisse du prix du gasole pour pouvoir encore le bruler comme on l'a fait jusqu'à présent, n'est il pas temps d' admettre ce qui semble encore impensable pour la majorité de nos concitoyens: le rationnement va devenir indispensable si on veut que nos descendants puissent bénéficier quelques temps encore du peu de réserves qu'on va leur laisser. En ces temps où l'hyper consommation est glorifiée comme participation de chacun à la relance de la sainte croissance ce terme de « rationnement » va sonner à l'oreille de beaucoup comme un véritable gros mot, et pourtant... Lisons à ce propos l'article paru dans le dernier n° de « la décroissance", et revenons à nos camions, heuu, moutons.

Mais c'est tout le contraire que fait notre gouvernement, en demandant à nos partenaires européens de diminuer les taxes sur les produits pétroliers afin de permettre à nos « professions menacées » de continuer leurs activités consommatrices de pétrole...

Qui aura le courage, puisque même notre super président se débine, lui pourtant si enclin à rouler des mécaniques, d'avouer aux marins qu'il est inutile de vouloir encore « attraper du poisson de plus en plus rare avec du gasole de plus en plus cher » (formule piquée au « Canard »), de dire aux routiers que le temps est venu pour la grande mutation des transports: la fin des milliers de camions qui traversent l'Europe pour convoyer des fraises cueillies en hiver au Maroc, mises en barquettes en Suède pour être mangées à Noël à Paris. Qui aura le courage de dire aux agriculteurs qu'ils vont devoir changer leur façon de travailler la terre, utiliser des tracteurs moins puissants et moins lourds, cesser d'utiliser des intrants chimiques à base de pétrole (engrais).

ça tombe bien: c'est justement ce que préconise le « Grenelle de l'environnement », dont notre Rolleix man de président est si fier, mais dont il ne veut pas voir combien les conclusions, pourtant bien timides au vu de l'urgence écologique, vont dans une direction totalement opposée aux revendications de nos professions « menacées ». N'oublions pas pour autant le citoyen que nous sommes tous: il va falloir apprendre à se désintoxiquer de la voiture, cette voiture à laquelle nous sommes si attachés, qui nous rend tellement de services, dont on a tellement de mal à se passer; mais le fait est pourtant là, et toutes les émeutes (oui oui, les émeutes de l'essence ne sont pas loin, déjà certains démagogues appellent les automobilistes à « bloquer les routes de France » pour du gazole à...1 €!) et les queues de plusieurs kilomètres aux pompes des stations service n'y changeront rien: on n'a pas d'autre choix...

Quelle formidable occasion portant de changer radicalement notre mode de produire et consommer... Nous avons à notre disposition tous les moyens pour mettre en oeuvre cette « révolution écologique » qu'appelle de ses voeux même le plus consensuel des écolos, le « gentil » Nicolas Hulot.

On ne va quand même pas attendre Sarko pour réfléchir ensemble à une sortie pacifique de l'ère du pétrole?

Par Fran
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 31 mai 2008
Le produit vaisselle "l'arbre vert", qui bénéficie du très sérieux "label écologique européen", propose un grand tirage au sort. Pour gagner quoi? Votre poids en produits d'entretien biodégradables? Une maison passive? Un abonnement à vie à "la décroissance"? Non non non, malheureusement... mais un "voyage au Kenya avec nouvelles frontières"... Bref, vous l'avez compris, la personne qui va gagner ce magnifique lot va bruler en quelques heures tout ce que l'utilisation de ce produit aurait permis d'éviter comme pollution à 747 familles pendant 380 ans (calcul approximatif, mais on ne doit pas en être loin!) ... Encore un exemple lumineux de la façon dont le système capitaliste ingurgite, digère et vomit l'écologie sur le consommateur un tant soit peu soucieux de ce qu'il achète...
Par Fran
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés