le coq contre la station

Publié le par Gédéol (Groupe pour la Décoissance à Oloron)

Dans le "canard enchainé" de cette semaine, cet article sur la nouvelle menace qui pèse sur le Grand tétras des Pyrénées, car comprenez le, que vaut ce pauvre volatile qui n'est après tout qu'une grosse poule sauvage face à la construction d'une nouvelle station de ski ? En plus, ce maudit gallinacé est tellement discret qu'on ne peut même pas espérer attirer des touristes grâce à lui...

Et le Grenelle de l'environnement? Quoi? Vous m'avez parlé?

Avant hier j'ai pris cette photo dans un bar de Lescun (vallée d'Aspe). Franchement, le coq n'est il pas mieux entre ces 2 enceintes, bien au chaud, et puis s'il a soif il peut boire une petite Suze avec ses autres potes empaillés (2 isards et un sanglier, qu'on ne voit pas sur la photo)...

tetras paille



Coq (de bruyère) en stock

Malgré le Grenelle de l'environnement, en Ariège le grand tétras, ultraprotégé, ne dort pas sur ses deux oreilles.
 

Un tout petit village ariègeois , Mijanès, moins de 500 habitants dans le canton. Alentour, de vastes forêts sauvages qui abritent chevreuils, lièvres, aigles, sangliers, parfois même des loups et... le grand tétras. Ce dernier est une espèce protégée de coq de bruyère dont la population ne cesse de diminuer chaque année en France, Oui mais.

A Mijanès se trouve une station familiale de sports d'hiver. Laquelle, avec ses dix kilomètres de pistes, fait pâle figure face aux stations voisines des Angles ou de Font-Romeu qui en ont cinq fois plus. Du coup, elle veut s'étendre. Ce qui suppose de défricher en partie la forêt domaniale avoisinante, où vit le grand tétras. Il y a un an, le préfet de Région Midi- Pyrénées a donné son feu vert et autorisé la création d'une " Unité touristique nouvelle ,, Les amis du coq s'étaient pour- tant mobilisés : 67 % de son habitat seraient détruits, affirment-ils. Et l'office national de la chasse et de la faune sauvage reconnaît lui aussi que les aménagements prévus ne seraient pas dénués d'impacts sur la population des coqs de bruyère " Trop tard ?

Heureusement, le Grenelle de l'environnement est arrivé par là-dessus : désormais, promis-juré, on ne va plus, comme avant, bétonner, aménager et développer sans tenir compte de la biodiversité et, notamment, des espèces fragiles, Le grand tétras pouvait dormir sur ses deux oreilles, non ? Non : il ne manque plus que la signature de Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche (et ancien ministre de l'Environnement), pour commencer l'aménagement de la zone du tétras. A son ministère, on rassure en affirmant que " cette signature est condition- née par l'instauration de mesures permettant de limiter le ski hors piste et de protéger les 33 % d'espace restant pour le coq ". Mais, détail guère rassurant pour les coqs du voisinage, selon les auteurs du cahier des charges instaurant les dites mesures (des piquets et des filets de protection), " en dépit du dispositif , on peut légitimement craindre que le grand tétras n'abandonne définitivement cette zone d'hivernage " Curieusement, cette dernière conclusion ne sera pas rapportée au ministre : elle a été effacée du cahier des charges définitif présenté au comité de suivi début février.

A la préfecture de l'Ariège comme à l'office national des forêts (auteur de l'étude), personne ne connaît le responsable de cette fâcheuse omission d'une info pourtant utile à une prise de décision grenello-compatible...

Pour les écolos du Comité écologique ariègeois (CEA) qui ont attaqué le projet devant le tribunal administratif de Toulouse, le grand tétras risque d'être victime d'un projet qui constitue " une aberration non seulement écologique, mais également économique ". La communauté de communes ayant une capacité financière extrêmement réduite, 70 % des investissements devront en effet être assurés par des subventions. Et le retour sur investissement est loin d'être garanti ! Méme le trésorier- payeur de l'Ariège s'inquiète : Les années d'enneigement moyennes ou faibles sont plus fréquentes à Mijanès que dans la plupart des autres stations, cela doit conduire à une attitude prudente sur les perspectives de croissance. " Et avec le réchauffement climatique en prime il ne restera plus au grand tétras, en combinaison de ski et lunettes de soleil, qu'à prendre le remonte-pente pour contempler les pistes vides, certes, mais flambant neuves

Professeur Canardeau

Publié dans Presse

Commenter cet article

Jin 01/06/2008 11:37

Non seulement les zoms viennent nous matter pdt nos sorties nuptiales mais il en profite pour nous cracher dessus avec de l'artillerie lourde. On se demande ce qu'il ont dans la tête ces bandes de décervelés !